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One Health : Une approche scientifique essentielle pour une santé globale

3 mars 2026
One Health : Une approche scientifique essentielle pour une santé globale
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La pandémie de Covid-19 a révélé l’urgence de repenser notre approche de la santé. Aujourd’hui, « One Health », qui relie la santé humaine, animale et environnementale, s’est imposée dans les discours. Cependant, elle fait parfois l’objet de confusion, voire de détournements. Bien mise en œuvre, cette approche constitue une méthode éprouvée pour renforcer la prévention des crises sanitaires à l’échelle mondiale.

Les enjeux contemporains de santé

Les pandémies, la résistance antimicrobienne, les maladies vectorielles, l’effondrement de la biodiversité, la dégradation des sols et les crises alimentaires, sont autant de défis qui nous rappellent les liens étroits entre la santé humaine, animale et environnementale. Face à la multiplication des crises sanitaires, environnementales et climatiques, le concept « One Health » est devenu central pour les analyser et y répondre.

Les fondements de One Health

Les bases fondatrices du concept actuel de One Health ont été posées par les principes de Manhattan, formulés en 2004 lors de la conférence « One World, One Health » organisée par la Wildlife Conservation Society. Ces principes reconnaissent l’interdépendance entre la santé humaine, animale et celle des écosystèmes, et appellent à une approche intégrée pour prévenir les crises sanitaires, environnementales et sociales.

Réinventer la production et la gouvernance

Cette vision dépasse la seule gestion des risques sanitaires et invite à repenser les modes de production, de consommation et de gouvernance. L’enjeu est de préserver durablement les socioécosystèmes et les communautés qui en dépendent.

Des initiatives concrètes en faveur de One Health

Malgré l’intérêt croissant que suscite One Health, son utilisation en recherche et ses applications restent souvent floues et mal comprises. Trop souvent, il est réduit à un slogan politique ou à une gestion biomédicale des zoonoses, sans prendre en compte l’interdépendance des facteurs écologiques, sociaux et économiques qui conditionnent la santé globale.

Les actions du Cirad

Depuis plus de vingt ans, des initiatives portées par la science se développent pour mettre en œuvre concrètement l’approche One Health. Au Cirad, des travaux sur les maladies animales émergentes, les interfaces faune-élevage-humains et les systèmes agricoles tropicaux ont mis en évidence, dès les années 2000, les liens étroits entre santé, biodiversité et usages des territoires.

Coalition internationale : PREZODE

En 2021, une coalition internationale portée par la recherche, baptisée PREZODE, a été créée pour mener des opérations de prévention fondées sur l’approche One Health. Cette coalition intervient en Afrique, en Asie, en Amérique latine et dans les Caraïbes pour comprendre, réduire et détecter de manière précoce les risques pour la santé et éviter les épidémies.

Exemples de mise en œuvre sur le terrain

  • En Guinée : Les équipes de PREZODE ont observé que les pratiques agricoles intensives affectant la ressource forestière favorisaient l’intensification des contacts humains-faune, augmentant ainsi le risque de transmission de maladies zoonotiques.
  • À Madagascar : Des scientifiques du Cirad, en partenariat avec l’ONG Pivot et l’IRD, ont développé une méthode de surveillance intégrée qui combine les données vétérinaires, humaines et environnementales.
  • Au Gabon : Un système de surveillance communautaire a été instauré pour détecter rapidement les événements sanitaires suspects, en collaboration avec le CIRMF.
  • En Asie du Sud-Est : Les actions s’inscrivent dans une approche agroécologique, visant à améliorer la résilience des systèmes alimentaires locaux et à réduire les pressions sur les écosystèmes.

Les défis à relever

Malgré ces avancées, de nombreux obstacles demeurent. La fragmentation institutionnelle reste l’un des plus grands défis. À toutes les échelles, les secteurs de la santé, de l’agriculture et de l’environnement ne communiquent pas suffisamment, freinant ainsi la mise en œuvre d’une gouvernance efficace.

Un besoin de données accessibles

Les acteurs de terrain soulignent l'importance d'un accès en temps utile aux données locales et nationales pour renforcer la surveillance et la prévention des maladies zoonotiques. Ce soutien doit être accompagné d'infrastructures de données solides et partagées entre les secteurs concernés.

Vers une intégration du concept One Health

Il est crucial de clarifier les fondements et les modalités d’application du One Health. C’est l’objectif de l’Atlas One Health, qui propose une lecture de cette approche articulant santé humaine, animale, des écosystèmes, mais aussi agriculture et systèmes alimentaires.

Une approche inclusive et durable

Un des défis majeurs est d’intégrer la dimension sociale et de genre pour garantir des solutions inclusives et efficaces. En milieu rural, les femmes jouent un rôle clé dans l’alimentation et la gestion des ressources naturelles, mais elles restent souvent invisibles dans les politiques de santé publique.

Conclusion : Investir dans la prévention

Le financement de la prévention One Health doit être considéré comme un investissement stratégique, et non comme un coût. Les approches préventives sont largement plus rentables et engendrent des co-bénéfices majeurs, comme la protection de la biodiversité et l’amélioration de la qualité de l’alimentation.

Les travaux menés par le Cirad, l’initiative PREZODE et la communauté internationale s’accordent sur le fait que ces actions renforcent simultanément la santé, les moyens de subsistance et la résilience des territoires. Pour anticiper les crises, il est impératif de repenser nos systèmes et d’adopter une véritable approche One Health transformatrice.

Ces messages seront portés lors du Sommet One Health, prévu le 7 avril 2026 à Lyon sous la présidence française du G7, soulignant l'importance d'un engagement politique durable et d'une coopération internationale.