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« Une seule santé » : La région face aux défis des résistances et des maladies infectieuses émergentes

15 avril 2026
« Une seule santé » : La région face aux défis des résistances et des maladies infectieuses émergentes
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Dans le cadre du programme régional One Health, deux éminents scientifiques de la Nouvelle-Aquitaine, les professeurs Marie-Cécile Ploy et Denis Malvy, s'associent pour aborder les enjeux liés à la santé humaine. Madame Ploy, microbiologiste à l'université de Limoges, et Monsieur Malvy, infectiologue au CHU de Bordeaux, s'engagent à observer, prévenir et sensibiliser la population aux risques sanitaires.

Un programme ambitieux pour lutter contre la résistance aux antibiotiques

Le programme scientifique de grande ambition régionale (PSGAR) s'articule autour de deux axes principaux : la résistance aux antimicrobiens et le projet « Emerg – exposome microbien et risque sanitaire ». Ce dernier vise à analyser les enjeux liés aux grippes zoonotiques susceptibles d'affecter la santé humaine.

« La résistance aux antibiotiques est un sujet préoccupant, » déclare le professeur Ploy. « En France, nous déplorons 8 000 décès par an, et les projections estiment que ce chiffre pourrait atteindre 39 millions de morts dans le monde d'ici 2050. La Nouvelle-Aquitaine, en particulier, est l'une des régions les plus consommatrices d'antibiotiques. »

Une approche régionale pour anticiper les menaces sanitaires

Le programme vise à cartographier, comprendre et combattre les mécanismes de résistance présents dans notre région, en synergie avec plusieurs équipes de recherche. Le professeur Malvy souligne l'importance de comprendre les spécificités de notre territoire face à des enjeux globaux tels que le changement climatique, la perte de biodiversité et les mutations biologiques.

« Nous devons nous préparer à des maladies qui ne deviendront pas forcément des pandémies, » précise-t-il. Pour illustrer son propos, il évoque l'apparition du virus du Nil occidental en Nouvelle-Aquitaine, survenue après les grands incendies de 2022. « Nous avions anticipé cette possibilité, » ajoute-t-il. « Notre manque de préparation pendant la crise Covid nous a beaucoup appris. »

Des actions concrètes pour protéger la santé publique

Après l'incendie de Landiras, le virus du Nil a été détecté grâce à un suivi rigoureux des oiseaux migrateurs et une attention accrue portée aux chevaux et aux humains, qui sont les plus vulnérables. « Nous avons également alerté l'Établissement français du sang, qui a dépisté tous les nouveaux lots de sang, et 56 d'entre eux se sont révélés infectés et ont été détruits, » raconte le professeur Malvy. « Grâce à l'observation, à l'action et à la prévention, aucun cas n'a été signalé. »

Des défis à relever face aux maladies émergentes

La semaine dernière, le professeur Malvy s'est rendu en Turquie avec son homologue du CHU de Saint-Sébastien, en Espagne, pour étudier les conditions de transmission des tiques, responsables de la propagation potentielle de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo dans notre région. « Des cas de chikungunya ont déjà été observés à Bergerac et Cognac l'an passé, » souligne-t-il. « Nous devons anticiper et nous acculturer aux risques. »

Conclusion : L'importance de la vigilance collective

Les professeurs Ploy et Malvy, en travaillant ensemble, mettent en lumière l'importance d'une approche intégrée et collaborative pour faire face aux défis sanitaires actuels et futurs. En sensibilisant la population et en mobilisant les ressources scientifiques, la région Nouvelle-Aquitaine peut devenir un modèle de réponse face aux menaces sanitaires.

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